
Perdre le contrôle, se ridiculiser, revivre des choses enfouies sans pouvoir s’arrêter : les idées reçues sur l’hypnose sont nombreuses, souvent alimentées par des spectacles de scène ou des films qui n’ont rien à voir avec la réalité d’un accompagnement thérapeutique. Beaucoup de personnes hésitent longtemps avant de franchir le pas, freinées par une image faussée de ce qu’est réellement cette pratique. Pourtant, l’hypnose ericksonienne, celle qui est utilisée en cabinet ou en visio dans un cadre thérapeutique, n’a rien à voir avec ces représentations.
Certifiée à l’École ARCHE Hypnose, je remarque très souvent, dans mon cabinet comme en visio, à quel point les représentations erronées de l’hypnose freinent des personnes qui pourraient pourtant en bénéficier grandement. Ce guide fait le point sur les origines de cette méthode, sur son fonctionnement réel, et sur les raisons pour lesquelles elle diffère autant de l’image qu’on s’en fait généralement.
L’hypnose ericksonienne, une méthode née d’un regard différent sur la thérapie
L’hypnose ericksonienne tire son nom du psychiatre américain Milton Erickson, qui a profondément transformé la pratique de l’hypnose au vingtième siècle. Contrairement à l’hypnose classique, autoritaire et directive, son approche est douce, indirecte, et centrée sur les ressources propres de la personne accompagnée. L’EFT agit différemment : voir comment cette technique libère ce qui est bloqué.
Selon les ressources documentées par l’Institut Français d’Hypnose, Erickson considérait que chaque personne possède en elle les ressources nécessaires pour retrouver un équilibre, et que le rôle du praticien est simplement de l’aider à y accéder, sans imposer de suggestion frontale. Concrètement, en séance, la personne reste consciente, elle entend tout, elle pourrait interrompre le processus à tout moment. Il ne s’agit pas de sommeil, ni de perte de conscience, mais d’un état de focalisation attentionnelle, où l’esprit conscient se met en retrait pour laisser davantage de place à l’inconscient. C’est cette place laissée à l’inconscient qui permet d’aller chercher des ressources, des souvenirs, des associations que la réflexion volontaire n’atteint pas seule.
Erickson lui-même a découvert la puissance de ces mécanismes à travers son propre parcours. Atteint de poliomyélite dans son adolescence, il a utilisé l’autohypnose pour retrouver une partie de sa mobilité, ce qui a nourri sa conviction que l’esprit dispose de ressources insoupçonnées pour agir sur le corps et les émotions. Cette expérience personnelle a profondément influencé sa manière de concevoir la thérapie, toujours centrée sur les capacités propres de la personne plutôt que sur une méthode standardisée imposée de l’extérieur.
Une confusion qui ne date pas d’hier
Si l’hypnose ericksonienne reste encore mal comprise, ce n’est pas un hasard. Elle a longtemps été confondue avec l’hypnose de spectacle, celle qui met en scène des volontaires perdant apparemment tout contrôle sur une scène, pour le divertissement d’un public. Cette image, très éloignée de la réalité clinique, a laissé une empreinte durable dans l’imaginaire collectif.
Une confusion entretenue par les représentations médiatiques
Films, séries, spectacles : les représentations de l’hypnose dans la culture populaire jouent presque toujours sur l’idée d’une perte de contrôle totale, voire d’une manipulation. Cette vision spectaculaire n’a rien à voir avec une séance thérapeutique, où la personne reste actrice de son propre processus, dans un cadre sécurisant et respectueux. Ce décalage entre fiction et réalité freine beaucoup de personnes qui pourraient pourtant bénéficier de cet accompagnement, par simple méconnaissance.
Le prix de cette méconnaissance, au quotidien
Cette méconnaissance a un coût bien réel. Des personnes qui pourraient être soulagées d’une anxiété envahissante, d’un stress chronique ou de schémas relationnels épuisants repoussent l’idée de consulter, par peur de l’inconnu ou par crainte du jugement de leur entourage. D’autres personnes cherchent longtemps de leur côté, sans savoir que l’hypnose fait aussi partie des pistes possibles.
Rester bloqué par manque d’information
Ne pas savoir à quoi s’attendre génère aussi de l’appréhension au moment de franchir le pas. Cette appréhension, qui aurait pu se dissiper avec quelques explications simples, retarde parfois de plusieurs années une démarche qui aurait pu apporter un soulagement bien plus tôt. L’article qui décrit à quoi ressemble vraiment une première séance d’hypnose permet souvent de lever ce dernier frein.
Ce que la seule compréhension laisse de côté
Comprendre intellectuellement qu’un schéma est problématique ne suffit généralement pas à le faire disparaître. On peut lire tous les articles du monde sur l’anxiété ou les schémas relationnels, en comprendre parfaitement les mécanismes, et continuer malgré tout à les revivre. C’est précisément parce que ces schémas se logent dans l’inconscient, hors du champ de la réflexion volontaire, que la seule compréhension cognitive ne suffit pas à les transformer. L’hypnose ericksonienne vient justement combler cet écart, en s’adressant directement à la partie de l’esprit où ces schémas se sont installés, sans passer uniquement par le raisonnement.
Comment se déroule concrètement ce travail avec l’hypnose et l’EFT
En séance, l’hypnose ericksonienne utilise un langage indirect, des métaphores, des suggestions douces qui laissent l’inconscient trouver lui-même ses propres solutions. Ce n’est jamais une injonction du type vous allez arrêter de faire ceci. C’est plutôt une invitation à explorer, à l’intérieur, ce qui pourrait changer.
L’EFT vient compléter ce travail en intégrant la dimension corporelle. En tapotant sur des points méridiens tout en verbalisant une émotion ou une situation précise, elle permet de désamorcer une charge émotionnelle qui reste parfois logée dans le corps bien après l’événement déclencheur. Utilisées ensemble, hypnose ericksonienne et EFT offrent un accompagnement complet, qui s’adresse à la fois à l’inconscient et au corps. Pour se familiariser avec la démarche avant de se lancer, l’article sur comprendre l’hypnose et passer à l’action donne des repères concrets pour amorcer ce premier pas.
Pendant la séance, a-t-on un rôle actif à jouer ?
Non. La personne reste passive dans le sens où elle n’a rien à exécuter consciemment. Le travail se fait à l’intérieur, guidé par la voix du praticien, sans effort particulier à produire de son côté.
Risque-t-on de rester en état d’hypnose ?
Non, c’est impossible. L’état hypnotique est un état naturel, proche de celui qu’on traverse plusieurs fois par jour, par exemple juste avant de s’endormir. La personne peut sortir de cet état à tout moment, si elle le souhaite.
L’hypnose ericksonienne n’a rien du spectacle qu’on imagine parfois. C’est un accompagnement doux, respectueux, qui s’appuie sur les ressources déjà présentes en chacun.e, pour aller chercher ce qui bloque à l’intérieur. Comprendre ce mécanisme est souvent le premier pas vers une décision plus sereine, moins guidée par la peur de l’inconnu.
Pour situer cette approche dans son contexte, cet article retrace d’où vient l’hypnose et comment elle s’est transformée. Pour voir cette approche appliquée à un sujet précis, voici un accompagnement centré sur la confiance en soi.
Envie d’en savoir plus sur le déroulement concret d’une séance ? Il suffit de réserver une première séance pour voir si cette approche vous correspond. Une question avant ? Appelez-moi ou écrivez-moi.
